Bw Photography Elliot

Elliott Erwitt, personnel

New-York, U.SA. – 1974 – © Elliott Erwitt & Magnum Photos
Californie, U.SA. -1955 –  © Elliott Erwitt & Magnum Photos
          Caroline du Nord, U.SA. – 1950 –   © Elliott Erwitt

Pittsburgh-Pennsylvania,1950 © Elliott Erwitt
  
Marilyn Monroe © Elliott Erwitt





“Certaines personnes disent que mes photos sont tristes, d’autres les trouvent drôles. Drôlerie et tristesse, c’est un peu la même chose, non ?!”, un brin espiègle, Elliott Erwitt a trouvé une certaine définition de ses images. Né à Paris en 1928, sa famille émigre aux Etats-Unis en 39. En 1949, il va faire un tour en Europe pour connaître le soleil et la dolce vita à l’italienne. Retour à New York. En 1953 il croise sur sa route, Edward Steichen, Robert Capa, Roy Stryker. C’est grâce à leur soutien qu’il entrera à l’agence Magnum Photos. C’est le début d’une longue carrière qui se poursuit aujourd’hui encore. 

Les chiens, les célébrités
On aperçoit des bottes, un chien vraiment minuscule tenu en laisse, il est coiffé d’un bonnet de laine. Et, à la droite de son maître, un autre chien, énorme celui-là. Comme l’angle est à hauteur du petit chien, on ne voit pas de visages, il est le seul a observer l’objectif. Ils sont dans un jardin ou un parc. Le chemin parsemé de feuilles indique l’automne. Cette photo est drôle, et pourtant, chargée de mélancolie. Tout comme le magnifique et célèbre portrait de Marilyn Monroe, lisant. Elle porte un peignoir clair, d’une main, elle soutient ce qui pourrait être un scénario, ou un ouvrage. Son sourire est un peu caché par sa main posée contre sa tempe. Une image qui exprime un moment d’apaisement. Comme si le photographe avait souhaité nous montrer quelque chose de nouveau chez elle. L’intimité. Marilyn Monroe lisant, concentrée, souriante. Pas très commun pour les photos de stars de l’époque. D’autres comme le photo-reporter Ed Feingersh, en 1954, ont fait le même type d’images. Briser le cliché Marilyn pour la rendre plus proche du commun des mortels.
Des photos drôles ou ironiques ?
Il y a aussi, loin des célébrités, ce petit enfant noir, il vise sa tempe avec un pistolet de foire. Adossé à un arbre. Il regarde fixement l’objectif et rit aux éclats : “c’est une blague !” semble-t-il nous lancer. Une image ambiguë. La pureté de l’enfant face à l’ironie, au cynisme, à la cruauté des adultes. On pourrait aussi bien prendre Elliott Erwitt pour le photographe de l’ironie : à première vue tout à l’air lisse et limpide et, à y regarder de plus près, on voit autre chose. Car, comment rire en toute légèreté face à cette image d’un enfant qui fait semblant d’être sur le point de se supprimer ? Et puis, le photographe est aussi reporter. Il voyage un peu partout dans son pays. En Caroline du Nord, en 1950, la ségrégation raciale se niche toujours vicieusement dans des toilettes publiques, autre cliché très célèbre de l’auteur. Où l’on voit deux éviers, au-dessus de l’un, on peut lire sur un écriteau, “WHITE”, au-dessus de l’autre, est écrit “COLORED”. Un homme noir est penché au-dessus de celui qui lui est imposé : son regard est tourné vers l’autre évier… Pour plus d’humiliation, l’un est flambant neuf, l’autre est une misère.
La plage magnifiée 
Tout au long de sa carrière, le photographe s’intéresse aussi à la plage. Et il y a beaucoup de poésie et de légèreté dans les images proposées sur ce sujet. 1955, ce couple d’amoureux très glamour, dans une voiture. Il pourrait être celui d’un film. Si beaux. L’angle est celui du rétroviseur extérieur, c’est là qu’on peut les voir. Le photographe est derrière eux. Face à lui, face à nous et au couple : la mer. Floue. C’est l’une des photos en bord de plage les plus connues. Elle a fait le tour de la planète et des éditeurs. Elliott Erwitt est un artiste. Comme eux, il sait capter l’illusion de l’instant magique.

© Corinne Bernard, mai 2010.

Livre : Personal Best, photos de Elliott Erwitt, éditions teNeues, 128 pages, 39, 90 euros.

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